Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2009

Dejà Vu

 

505304~deja-vu-Posters.jpg
Alors qu'il enquête sur l'explosion d'une bombe sur un ferry à la Nouvelle Orléans, l'agent Doug Carlin se voit enrôlé au sein d'une nouvelle cellule du FBI ayant accès à un appareil gouvernemental top secret permettant d'ouvrir une "fenêtre sur le temps", et ainsi de retrouver les preuves nécessaires à l'arrestation d'importants criminels. 



Le jeu de mot n'est même pas drôle tant il est facile mais « Dejà Vu » a vraiment un air de déjà vu...

Les voyages dans le temps sont courants au cinéma comme en littérature, et ce depuis « La machine à remonter le temps » de H.G. Wells qui date déjà depuis un moment. 

Quand au thème de la police temporelle, le film a un léger temps de retard. 
Le problème de « Paycheck » (entre autres...) c'est d'arriver après le « Minority Report » de Spielberg. 
Le problème de « Dejà Vu » c'est d'arriver BIEN après « Minority Report ».

Mais là où Spielberg nous plongeait dans un thriller palpitant et remarquablement réussi, tant sur le point visuel que scénaristique, « Deja Vu » ne se différencie en rien d'un énième blockbuster policier à l'américaine. 

Visuellement d'abord le film baigne constamment dans une mer de couleurs saturées, véritable marque de fabrique des séries policières récentes qui envahissent le petit écran. On a l'impression de regarder un épisode des Experts. 
Pas étonnant quand on sait que le film a été produit par Jerry Bruckheimer, également producteur des Experts. 

Jerry qui? 

Jerry Bruckheimer, le bulldozer du cinéma américain. 
Chaque fois que vous voyez un film d'action bourré d'explosions spectaculaires, 9 fois sur 10, c'est lui. Comme Michael Bay, dont il a produit quasiment tous les films, le gars n'est pas reconnu pour sa finesse. Mais Jerry Bruckheimer c'est aussi le pif le plus impressionnant du box office : il a un don pour repérer les gros poissons, ceux sur qui le public va se ruer en masse. 

A son tableau de chasse, il peut se vanter d'avoir des blockbusters en puissance tels que « Bad Boys », « Rock », « Pearl Harbor », « Benjamin Gates », « Le Roi Arthur », « Top Gun », « Le flic de Beverly Hills » et même « »Pirates des Caraibes » c'est lui. Respect!

Parmi ses petits protégés, on peut compter Michael Bay et Tony Scott , tous deux venants de la pub et du clip.

Tony Scott c'est l'homme que les épileptiques voient dans leurs cauchemars. Ses films ont toujours une esthétique très marquée par un défilement de plans assez voire très rapides et une caméra constamment en mouvement. Si au début de sa carrière, il ne faisait pas autant de vagues, depuis « Domino » et « Man on Fire » il s'essaie aux techniques visuelles les plus flashy et extravagantes possibles...souvent au détriment du scénario. 

Imaginez un film tourné avec une caméra montée sur un marteau-piqueur en marche et vous aurez une bonne idée de à quoi ressemble « Dejà Vu »...

Bruckheimer et Scott, c'est déjà une histoire qui dure depuis « Top Gun ». 
Ces deux là se connaissent bien et ensemble ils sont capables de bonnes choses : si vous cherchez un film d'action pas spécialement intelligent mais bien mené côté action, vous pouvez faire confiance au duo.

Donc voilà, « Dejà Vu » peut se résumer à un polar d'action très conventionnel, filmé sur un lit à ressorts.
Sauf que il y a l'histoire du voyage dans le temps. Et là les choses se gâtent...


En gros, les flics ont trouvé un moyen de voir les évènements qui se sont déjà déroulés mais ils ne peuvent rien changer. 
Mouais, mon oeil! On parie combien que le héros (Denzel Washington) va trouver un moyen de remonter le temps, tuer le méchant et sauver la fille (dont il est évidemment tombé amoureux)? 
En plus c'est son frigo qui lui dit de le faire (si, si)...

Les ficelles du film sont aussi énormes que les indices découverts par le personnage de Denzel sont minuscules : genre je regarde sous un pont et je trouve un truc gluant entre deux boulons...
C'est long un pont, quand même. 
Et puis, quand il se prend une balle, il ne semble jamais ressentir le coup (il nettoie sa blessure, l'air de rien, comme une tâche sur sa chemise) et parvient à sortir d'une maison en flammes pile au moment où tout explose sans une égratignure. Vous avez dit « réalisme »? 

Honnêtement les surprises du scénario n'en sont même pas vu que le film ne sort jamais des sentiers battus. 
Non seulement le scénario, abracadabrantesque, est fumeux au possible et s'emmêle les pinceaux mais en plus, il accumule les idées les plus éculées. 

Ma connaissance du sujet n'est pas exhaustive mais pour expliquer le principe du voyage dans le temps et ses conséquences, les « scénaristes » n'ont rien trouvé de plus original qu'une feuille pliée (principe que l'on retrouve dans plusieurs films, comme « The One ») et un schéma (exactement le même que dans les « Retour vers le futur », qui ont déjà plus de 20 ans)...
Et cerise sur le gateau, le film nous fait le coup du méchant patriote qui veut tout faire sauter pour qu'on lui reconnaisse ses droits. 
Idée reprise directement de « Rock » de Michael Bay, produit par...Jerry Bruckheimer!

Comme quoi, malgré son budget de plusieurs millions de dollars, « Deja Vu » doit se rabattre sur des idées maintes fois exploitées pour rester un poil cohérent. Un comble.

Par contre avant que Denzel ne décide de faire un saut dans le temps, il s'est déroulé 1h30 de film! 
1h30 où on voit des types qui regardent des écrans. Mais attention ils ne regardent pas n'importe quoi, hein! Ils font bien attention de choisir les plans où on voit la fille en sous vêtements, ou carrément sous la douche. Des scènes indispensables à l'enquête, faut avouer...

« Dejà Vu » c'est avant tout un film sur des types qui regardent un film, ça dure 2 heures et c'est ch...ennuyeux au possible! 

Mais Bruckheimer oblige, le film possède aussi quelques scènes d'action plus ou moins bien foutues . Si Tony Scott filme joliment un tonneau de voiture depuis un bateau, l'explosion principale (le ferry) est vraiment moche : le montage est tellement réussi qu'on à l'impression de voir 3 fois le même type sauter dans l'eau...
Et j'en profite pour faire remarquer que lors de la scène du pont, le personnage de Denzel renverse plusieurs conducteurs innocents dans sa quête contre le mal. 
Pour un type qui cherche à sauver des vies, c'est plutôt de mauvais goût!

Le plus drôle c'est que les scènes d'action n'ont rien d'exceptionnel mais la mise en scène de Tony Scott les amplifie considérablement. Par exemple, la scène du pont est filmée de façon tellement rapide qu'on croit revivre « French Connection ».
Pourtant dans les faits c'est juste un type qui roule sur un pont...

Et le film multiplie ces séquences fièvreuses où en réalité, il ne se passe rien. 


S'ils ne dégage jamais un vrai charisme, Denzel Washington reste fidèle à lui même : très bon acteur. Jim Caviezel est parfois assez impressionnant mais le reste du casting est insignifiant. 
Même le génial Val Kilmer surnage dans cette mer de mauvais acteurs. Il a grossi, joue le mec sérieux bien caché derrière ses lunettes et se contente de faire de la figuration. Dommage.

Même si l'idée de base était intéressante, « Deàa Vu » n' est qu'un nanar qui bénéficie d'un gros budget mal utilisé. 
Il échappe de peu au zéro pointé grace à la présence de Denzel Washington, la réalisation frénétique de Tony Scott et la musique particulièrement rythmée de Harry Gregson Williams qui, bien loin d'être exceptionnelle, donne un vrai cachet aux scènes d'action. 

Note : *

 

16:19 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.