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26/04/2009

Jeepers Creepers 2

 

 

 

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Tous les 23 ans, une créature maléfique surgie des profondeurs de la Terre prend son envol et, durant 23 jours, sème la terreur et la mort. Son nom : le Creeper. Au 22ème jour de ce cycle infernal, le fermier Jack Taggart voit son jeune fils Billy se faire enlever et dévorer par le monstre.
A quelques kilomètres de là, un car scolaire transportant une équipe de basket, ses entraîneurs et ses pom-pom girls, tombe mystérieusement en panne en rase campagne. La nuit approche. Le Creeper alléché fond sur ses jeunes proies. Commence alors un combat désespéré pour la survie...




"Quel dommage!" Voilà ce qu'on se dit en voyant le film. 
Si le premier « Jeepers Creepers » fait sans conteste partie des meilleurs films fantastiques de ces 10 dernières années, sa suite n'est qu'un film d'horreur pour ados tout ce qu'il y a de plus banal. 


Si le premier se voulait inventif et bénéficiait de personnages charismatiques, celui ci aligne les clichés et ne propose que des stéréotypes vus mille fois à l'écran : dans le premier, on suivait l'histoire de deux personnages à la personnalité soignée alors que cette fois, le film met en scène un bus entier de clones sans saveur. 
Le gros inconvénient c'est que s'il est facile de s'identifier à une ou deux personnes, c'est beaucoup plus dur de s'attacher à toute une douzaine.
Au mieux, on aurait pu en apprécier quelques uns parmi la foule mais le film ne prend même pas la peine de présenter les protagonistes. On se contente d'attraper au vol des bribes sommaires de leur tempérament pour parvenir à les distinguer. 


Les dialogues étudiés et crédibles du premier opus font place à des séries de phrases grotesques que l'on a déjà du entendre des dizaines de fois et qui multiplient des « fuck » aussi gratuits que dispensables pour tenter de combler les vides dans la narration.
Pur produit pour teenagers mous du bulbe, le film met en scène une équipe de football américain accompagnée par des pom pom girls. Adieu le duo remarquablement travaillé du premier opus, place aux acteurs débutants et aux situations débiles et convenues. 

Les mâles laissent plus de place aux démonstrations de virilité dus à un excès de testostèrone qu'à un semblant de raisonnement sensé, quant aux filles elles n'échappent pas non plus à la caricature : la plupart ne font que de la figuration et ce qu'on attend d'elles, à savoir : débiter des idioties sans importance avant de s'enfuir en hurlant. 



L'identité du « Creeper » étant révélée dans le premier film, le réalisateur ne s'embête pas à installer une ambiance pesante, qui marchait si bien la première fois. 
La créature fait rapidement son apparition et c'est là que le bas blesse : au lieu de dévoiler son apparence petit à petit, le réalisateur la plonge en pleine lumière dès ses premières apparitions. 
Très vite, le « Creeper » n'est plus le monstre sanguinaire du premier film mais un simple cascadeur en costume suspendu par des cables, qui essaie tant bien que mal de nous faire peur... 

En tant que suite, le film donnait l'occasion à Salva d'approfondir la mythologie de sa créature. 
Malheureusement à part lancer des étoiles comme dans « Prédator » et se refaire une santé en absorbant ses victimes (cette fois on le voit à l'écran), rien de nouveau sous le soleil.


Mais ne nous cachons pas, si l'on regarde le film c'est pour espérer voir les personnages mourir de façon la plus atroce possible, non?
Avec une bonne vingtaine de victimes potentielles, l'amateur de gore avait de quoi se réjouir. Malgré tout, la violence du film se réduit à peau de chagrin. Décapitation ou pas, les scènes « choquantes » sont filmées de manière tellement risible qu'il est impossible d'être effrayé.



D'ailleurs en parlant de filmer, qu'est-il arrivé à Victor Salva pour qu'il se renie autant?
Où est passé la mise en scène soignée du premier film, que sont devenus ces effets de surprise brillants qui lui donnaient tout son cachet? 
Plus de la moitié du film se déroule dans le bus, un lieu confiné où tout le monde se marche dessus et c'est à qui criera le plus fort pour qu'on l'écoute parler. C'était le moment idéal pour jouer sur la claustrophobie, faire des plans reserrés pour faire ressentir l'étroitesse du bus et créer une atmosphère étouffante. 
Mais non, le réalisateur filme de la manière la plus banale possible et n'essaie même pas de se démarquer. 

Fini également les sursauts dus aux scènes imprévisibles, ici tout n'est qu'effet facile. 
Le son monte soudainement pour essayer de nous impressionner, le chien aboie aux moments propices et à chaque fois qu'un personnage a une réplique « importante », on peut être sûr qu'il est le prochain sur la liste.
Le film multiplie les "sursauts faciles" et s'il y avait un chat dans le bus, on ne serait pas étonné s'il bondissait vers la caméra accompagné d'un son strident...

Même la musique, de Bennet Salvay, est bien inférieure à celle du 1. En écoutant le générique, on s'aperçoit que Bennet a pourtant créé de belles compositions mais pendant le film, leur utilisation est tellement routinière qu'elles en deviennent insignifiantes.



Si le scénario du premier faisait preuve d'inventivité, celui là est l'exemple parfait du « film d'horreur pour les nuls ».
Une route déserte, un bus. Un méchant monstre rode ...PAF! un pneu éclate. 
Voilà, le film peut commencer...
Les adultes qui interprètent le chauffeur et les accompagnateurs jouaient assez bien, enfin « bien » c'est un grand mot, mais comparés aux autres acteurs, ils paraissaient plus crédibles. 
Problème : ils ne tiennent pas 5 minutes face au « Creeper ». 
Nous voilà désormais plongés en compagnie d'un paquet de demeurés balourds et stupides, joués par des photos de mode insipides et le tout pendant plus d'une heure. Il va falloir s'accrocher!

Et ce n'est pas l'intervention de ce père, parti dans une croisade vengeresse contre le mal, qui tient plus du deus ex machina que d'autre chose qui fait remonter le niveau.


Pourtant Salva tourne quasiment avec la même équipe technique du premier « Jeepers Creepers » alors il est dfficile de savoir ce qui a mal tourné. Peut-être que les producteurs ne lui ont pas lâché la bride, peut-être qu'il était tenu de faire le film le plus accessible possible? 
Dans tous les cas, on ne remarque plus sa patte que dans de très rares séquences.
L'intervention de Justin Long (l'un des acteurs du premier film) est réellement marquante, quelques cascades de voitures méritent le coup d'oeil et certains plans du « Creeper » sont magnifiques. A ces moments on retrouve le Victor Salva des grands jours!
J'ai même failli mettre * pour la séquence du grappin tant elle est réussie (comparée au reste du film).
Malheureusement ces instants de qualité sont de courte durée et l'ennui reprend vite le dessus.



« Tu sais quand, dans un film d'horreur, les gens se mettent à faire des choses vraiment débiles et qu'on les déteste pour ça? ». Cette réplique tirée du premier film résume parfaitement la situation dans laquelle on se trouve face à ce beau navet.

Une suite qui n'a aucune raison d'être si ce n'est de ramasser le maximum d'argent sur le dos de la franchise. Les amateurs du genre pas trop regardants sur la qualité apprécieront sûrement, pour les autres il ne reste plus qu'à se repasser le 1...
En deux film, Victor Salva a créé et détruit un mythe. 

Note : 0

 

19:03 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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