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26/09/2009

Asterix aux Jeux Olympiques

 

 

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Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix d'épouser la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d'une Olympiade.


Cela fait maintenant 3 fois que les aventures du petit gaulois moustachu et colérique ont été adaptées au cinéma (avec de vrais acteurs), et après le succès colossal -et mérité- de « Mission Cléopâtre », les réalisateurs du troisième opus ont vu grand, TRES grand pour surpasser les recettes de ses prédecesseurs. Ils ont vu tellement grand qu'ils se sont carrément payé le luxe de réaliser le film le plus cher de l'histoire du cinéma français !
Avec 80 millions d'euros de budget en poche, à une époque où le trou de la Sécu s'apprête à dépasser celui de la couche d'ozone, soit on a vu la Vierge et elle a prédit que le film ferait un carton, soit on se fout royalement de la tête du contribuable...

Enfin 80 millions c'est bien joli mais maintenant il s'agirait de les utiliser à bon escient...
Déjà boum, 20 millions qui partent en fumée dans la campagne publicitaire !
Malins, les producteurs du film se sont penchés sur le modèle américain et ont entamé un énorme matraquage commercial afin de promouvoir le film, et ce 4 mois avant la sortie en salles. Partout dans l'Hexagone, on a pu assister à un véritable raz-de-marée d'affichettes de cinéma placardées ici et là sur tous les emplacements et murs disponibles.
Encore plus malins, ils se sont dit que tant qu'à exploser le budget autant se payer des stars que le spectateur sera ravi d'aller voir, et de payer pour accessoirement.
Ils ont donc réuni une pléiade de "pipeules" populaires (très) et charismatiques (moins) pour faire plaisir à toute la famille, et ont par ailleurs crâmé 10 millions de plus pour la simple beauté du geste.

Et voilà comment 1/3 du pognon engrangé se retrouve placardé sur un arrêt d'autobus ou dans la poche d'athlètes ou de chanteurs de variétés, émérites certes, mais qui n'ont RIEN A F... sur un plateau de cinéma! Voilà, c'est dit.




Passons au film maintenant. J'ai une mauvaise nouvelle et une très mauvaise nouvelle. Je commence par la mauvaise : le casting.

Au cours du film on croise un nombre incalculable de têtes connues et chacun de faire sa petite apparition pastiche ou de lancer une réplique qui tue (du moins, ils essaient).
En guest-stars donc, on appréciera entre autres (ou pas, c'est selon) Danny Brillant, Michael Schumacher, Dubosc, Eli Semoun, Zinedine Zidane ou encore Tony Parker et Amelie Mauresmo. Non, non partez pas, c'est pas fini...
Parmi les « vrais » acteurs on admire l'irremplaçable Depardieu dans les braies de ce célèbre Obelix, un Delon impérial et narcissique sous la couronne de César et surtout Alexandre-Kamelott!- Astier dans un rôle secondaire mais malgré tout épatant.

Pour les disparus, on aura une pensée pour Christian Clavier qui laisse sa place à un Clovis Cornillac qui campe un Asterix plus jeune mais surtout plus irritant et pour le génial Claude Rich, remplacé par un Jean Pierre Cassel en Panoramix insipide. Comparé aux précédents volets, leur complicité avec Depardieu est quasi-inexistante. Les personnages emblématiques de la série sont donc sacrément limités : ça part mal.

Mais cela n'a pas d'importance puisque si le film s'appelle bien « Asterix aux jeux olympiques », c'est pourtant de « Brutus aus jeux olympiques » dont il s'agit.
Brutus c'est Benoit Poelvoorde et il vole la vedette à tous les autres personnages. Non pas que son interprétation soit excellente mais au contraire parce qu'il s'accapare le film à lui tout seul. Cela aurait pu être agréable si le jeu de l'acteur avait suivi.
Poelvoorde est un très bon acteur, qu'on se le dise, mais ici il est juste lourd.
A gesticuler dans tous les sens et à vociférer des dialogues débiles en roulant des yeux, il n'apporte aucune profondeur à son personnage et ses expressions faciales, proches de celles de Vil Coyote sont d'un ennui mortel.


Voilà pour les personnages principaux. C'est pas réjouissant.


Et ce n'est pas fini : Qu'est ce qu'il y a de pire que Dubosc déguisé en gaulois?
Réponse : Dubosc ET Lallane déguisés en gaulois. Et si...
Quant à la belle Irina pour qui tout ce beau monde se tape alègrement sur le pif, elle est interprétée par qui?
Vanessa Hessler. Qui? Vanessa Hessler, « la fille qui joue dans la pub pour Alice ». Non mais on rêve, confier un rôle aussi important à une fille qui ne sait pas jouer la comédie sous prétexte qu'elle a du succès dans une PUB???
Et après on retrouve des acteurs géniaux, comme José Garcia, réduits à de simples apparitions.
Il y en a qui savent gérer un budget de 80 millions d'euros, moi je vous le dis...



Le casting c'est pas ça. Et quand les acteurs se mettent à parler, ça ne va pas en s'arrangeant et c'est la très mauvaise nouvelle...
Dur, dur de passer après Chabat et son humour absurde, déjanté et complètement Nul. Mais côté humour « Asterix aux jeux olympiques » ne suit pas du tout cette direction...D'après la version officielle, les dialogues de « Mission Cleopâtre » auraient été tellement délicats à traduire que le film n'aurait pas trouvé son public à l'étranger. Une bonne raison donc pour ne pas réitérer l'expérience et proposer au public non francophone des gags plus accessibles.

Ainsi, on remarque que certains gags sont conçus uniquement pour un style de public et vice et versa de manière à satisfaire tout le monde. Une ou deux « private jokes » pour chaque pays et hop, emballé c'est pesé ; par ici la monnaie. Et puis quoi de plus universel qu'un pauvre type qui se ramasse par terre alors que tout le monde se moque de sa poire ou une référence cinéphilique de grande envergure?
Pour ce qui est des références, Chabat ne s'était pas géné pour en balancer en veux tu en voilà mais lui au moins soignait sa mise en scène, ce qui faisait tout le charme de ses petits clins d'oeil.

Le duo Frederic Forestier et Thomas Langman, pourtant auteurs du mésestimé « Le Boulet » (avec déjà Poelvoorde et Garcia) s'enfoncent misérablement dans les profondeurs de la débilité franchouillarde. L'un aligne les « répliques à deux sesterces » (copyright Chabat production), l'autre les plombe par une mise en scène apathique et sans une once d'originalité.

Exemple de recherche de gags entre les deux acolytes :

-Une référence à « Star Wars »? Ben on n'a qu'à prendre un type au hasard et on lui fait faire joujou avec un sabre laser.
-Ca sert à quoi?
-Ben, à rien...
-Et pourquoi pas une référence à « Gladiator »?
Ah ouais, on reprend le mouvement de la main du héros quand il caresse les blés et on le transpose sur un type qui caresse des chevaux.
-Et tant qu'on y est, y aura quelqu'un qui murmurera à l'oreille des chevaux. Ah,ah!
-Qu'est ce qu'on va rigoler...


Mais là où ils sont allés nous chercher des trucs tarabiscotés c'est quand ils ont eu l'idée de faire une référence à un film en reprenant le même acteur qui jouait dans le film d'origine. Comme dirait Villeret « Ouh c'est bougrement tordu mais vachement intelligent, ça !»
Dans les faits, Dubosc reprend ses répliques de « Camping », Depardieu nous refait « Cyrano de Bergerac » et Delon énumère les films de sa carrière sur l'air du « Clan des Siciliens ».
L'idée est bonne, la mise en scène ne l'est pas.
Contrairement à « Le Boulet », ici Forestier n'a aucun sens du rythme et encore moins du timing. Les scènes inutiles s'étirent en longueur de même que les blagues. Les plus courtes étant les meilleures, déjà quand ce n'est pas drôle à la base...



En revanche, s'il ya bien une chose sur laquelle il n'y a rien à redire c'est du côté des effets spéciaux. Le budget conséquent aura au moins servi à créer des images de synthèse remarquables et des décors grandioses, nécessaires à la course de char finale. Cette dernière, considérée comme le clou du spectacle, s'avère assez risible et manque terriblement de punch pour convaincre. Un beau ratage...



Alors que les deux heures du film touchaient à leur fin, je considérais la possibilité d'accorder au film une * pour les effets spéciaux et les décors, mais le film réservait encore une surprise de taille...
Oh Numérobis quelle surprise! Je suis mon cher ami très heureux de te voir (c'est un alexandrin).
Faut avouer que Debouze était hilarant dans « Mission Cleopâtre » mais là, il a du manger un truc pas frais, c'est pas possible : il nous fait quoi avec son ballon, là? Il est juste Ri-di-cu-le. S'il a essayé de participer au concours de l'acteur le plus pitoyable du film, il gagne haut la main...

Et là, histoire de m'achever d'un coup sec (mais pas sans douleur hélas), il y a Zidane qui débarque et qui commence à faire le beau, puis c'est Mauresmo et puis Parker ET CA S'ARRETE PAAAAAAS ! Qu'ils aient fait une apparition au cours des jeux olympiques j'aurais trouvé ça normal mais qu'ils apparaissent quelques secondes à la toute fin du film juste pour montrer leur tronche (et surtout encaisser les sous sous) je trouve ce procédé lamentable, honteux, désolant, affligeant, scandaleux et totalement gratuit par dessus le marché!

Et Asterix et Obelix dans tout ça? Bah, on a pas besoin d'eux de toute façon. Alors on les retrouve comme deux c...à contempler la lune. C'est la dernière image que l'on a des deux héros et c'est là que débute le générique sur fond de bruit (j'ai pas dit musique) technoïque pour prépubères. Argh.
Le petit monde d'Asterix a bien changé pour plaire à la nouvelle génération.
Goscinny doit s'en retourner dans sa tombe.
RENDEZ MOI MON ENFANCE !



« Asterix aux jeux olympiques » c'est la comédie populaire chauvine dans ce qu'elle fait de pire. Plus préoccupés à essayer de caser les caméos en tout genres, les réalisateurs en oublient à la fois d'écrire un scénario et de diriger les acteurs. D'erreurs de casting en blagues vaseuses, le film ne semble jamais démarrer alors que les images défilent pourtant bien à l'écran.
« Asterix aux jeux olympiques » c'est aussi un budget titanesque utilisé pour attirer les foules dans les salles de cinéma et créer de beaux effets spéciaux mais c'est surtout des jeunes premiers transparents ou agaçants et des acteurs talentueux réduits au rang de faire-valoir qui se contentent de réciter des dialogues pathétiques et indigestes pendant deux heures interminables.


Pour ce qui est du budget, les recettes n'ont pas suffi à rentabiliser le film, d'autant qu'un certain Dany Boon avait déjà conquit les coeurs (et les portes-monnaie) d' un tiers des Français.
Enfin, pour ce qui est des jeux olympiques, les réalisateurs ne seront pas repartis les mains vides puisque le film a remporté le Gérard (l'équivalent des Césars mais pour les nuls) du plus mauvais film de l'année 2008.
Alors, c'est qui « Le Boulet » maintenant?

Note : 0

 

16:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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