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07/11/2010

Doux, dur, dingue

Philo Beddoe a trois passions: la bière fraîche, la bagarre et Clyde, un orang outang qui ne le quitte jamais. Il gagne sa vie en participant à des combats de boxe à poings nus jusqu'au jour où il tombe amoureux fou d'une chanteuse de cabaret, qu'il se met à poursuivre de ville en ville...



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Clint Eastwood et un orang outang. A t'on déjà vu un duo plus loufoque et atypique?
« Doux, dur et dingue » est un vrai virage dans la filmographie de Clint. Après la brutalité du flic Harry Callahan (« L'inspecteur Harry »), l'acteur prend manifestement beaucoup de plaisir à interpréter Philo Beddoe, un boxer de rue sentimental qui cogne d'abord et pose les questions ensuites. Tout en muscles saillants et sourire enjôleur, Eastwood joue à fond la carte de l'autodérision, n'hésitant jamais à se moquer des rôles qui l'ont rendu célèbre.

Quand à Clyde, cet orang outang de 11 ans, il faut avouer qu'il est terriblement drôle et attachant. Cette immense boule de poil orange est remarquablement bien dressée à faire des choses... plus ou moins catholiques mais toujours en rapport avec l'esprit farceur du film: il ingurgite des litres de bière, étend le linge, conduit un camion et sait se montrer moqueur vis à vis des importuns en leur faisant au choix un doigt d'honneur bien placé ou en les embrassant goûlument sur la bouche...

« Doux, dur et dingue » regorge également de seconds rôles savoureux. On appréciera notamment la présence de Sondra Angelo qui prête au film son joli minois et sa voix ravissante en interprétant bon nombre de chansons et surtout Ruth Gordon (oscarisée pour « Rosemary's Baby »), hilarante en vieille mégère misanthrope qui passe son temps à cracher sa haine à qui veut l'entendre.

« Doux, dur et dingue » c'est aussi des scènes de castagne nombreuses et réalistes.
Si Philo Beddoe n'a rien q'un Rocky Balboa, force est d'avouer que les combats de boxe sont plutôt crédibles et de ce fait, impressionnants. D'autant qu' entre deux « bagarres de saloon » et des combats dans les règles de l'art, Philo aura fort à faire avec une bande de motards et des policiers rancuniers à ses trousses...
Les scènes d'action sont dans l'ensemble assez réussies malgré des angles de caméra parfois... hasardeux.

Un scénario qui repose avant tout sur un duo homme/singe aurait pu donner un film pour les enfants, idiot et navrant . Heureusement, on voit tout de suite que « Doux, dur et dingue » n'est pas (que) pour les enfants. Si l'ambiance générale est bien à la légèreté (en même temps avec un titre pareil...), l'humour est davantage axé pour les adultes que pour les plus petits. C'est d'ailleurs une excellente surprise que « Doux, dur et dingue » n'ait pas choisi le chemin de la comédie familliale. Pas de surenchère de violence ou de sexe dans le film, mais un bon nombre d'insultes et de sous entendus évitent de le destiner aux plus jeunes. D'autant que loin de n'être qu'une grosse farce sans profondeur, le scénario joue également la carte du romantisme et de la nostalgie. Ce qui plaira certainement aux plus grands.
Nostalgie, mise en valeur avec bon goût par une bande son country particulièrement agréable.

Si la réalisation de James Fargo manque parfois de panache, elle reste de bonne facture notamment lorsqu'il met en scène cette bande de motards incapables qui ne font peur qu'à eux mêmes. Une véritable bande de pieds nickelés dont le nombre de bécanes se restreint tout au long du film. Sans oublier les clins d'oeil du réalisateur, appuyés mais innatendus, aux grands classiques comme « Tarzan » ou encore « Le bon, la brute et le truand ».


Hormis Clint Eastwood et Clyde, qui forment un duo totalement original et décalé, le film fait la part belle à une belle série de personnages frappadingues. L'humour et l'action sont au rendez vous sans éclipser un scénario simpliste mais émouvant.
En dépit de quelques plans (volontairement?) mal cadrés , « Doux, dur et dingue » reste une sacrée comédie, mouvementée et jubilatoire.

Note : ***

17:33 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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