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14/08/2014

Le rôle de ma vie

 

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Aidan Bloom essaye de percer comme acteur, tout en s'efforçant de sauver son couple qui bat de l'aile et de tenir son rôle de père de famille. Un jour, il apprend que son père est atteint d'une maladie grave et va tenter de rassembler sa famille autour de lui.

 

 

Pour les petits nouveaux qui ne connaissent pas encore ce petit génie du cinéma indépendant, Zach Braff est un acteur/scénariste/réalisateur qui excelle à jouer les personnages apathiques et lunaires en pleine crise existentielle. Avec la sitcom surréaliste Scrubs d'abord, où il incarnait un infirmier naïf qui se réfugiait dans son univers fantaisiste et absurde pour échapper à la dure réalité des personnels d'hôpital. Par la suite, il réalise « Garden State », une comédie douce-amère sur un jeune acteur désabusé, en quête de maturité, qui retourne dans sa campagne natale pour l'enterrement de sa mère, où il confronte les fantômes de son passé personnifiés par un paternel dominateur et indifférent. Aujourd'hui, Zach Braff revient devant et derrière la caméra dans « Le rôle de ma vie », où il dresse le portrait d'un père de famille en perte de repères, qui tente de renouer avec un frère asocial et son père mourant.

Malgré de rares moments où le ton tire un peu trop sur le mélo pour parfaitement convaincre, Braff livre un régal d'humour et d'humanité. Une œuvre touchante, à l'ambiance rêveuse et bourrée d'auto-dérision. Si le rapport à la religion et à l'ésotérisme sont omniprésents, le film évite l'écueil du pamphlet moralisateur au profit de dialogues cinglants et pleins d'esprit. D'un côté, les excès du judaïsme donnent lieu à un humour caustique digne de «A Serious Man » des frères Cohen. De l'autre, c'est en gravissant un pic rocheux avec ses enfants que Aidan leur transmettra ses connaissances sur le sens de la vie – une scène qui rappelle « Into the Wild », alors que le héros devise de sa quête spirituelle avec un vieil homme au sommet d'une colline. Zach Braff nous invite constamment à réfléchir sur notre propre condition dans la société, à travers un message intemporel et universel (que pouvons nous apporter aux futures générations et apprendre de nos aînés ?) et à porter un regard nouveau sur le monde. Et il le fait sans forcer le trait, pour créer un univers à la fois tendre et lucide, dont il émane de véritables moments de poésie.

De même, la vraie qualité de cette comédie sentimentale repose moins sur l'originalité des situations que sur celle de ses personnages. Fidèle à lui même, Braff campe un adulescent névrosé et nonchalant, qui déborde d'une sensibilité attachante. A ses côtés, Kate Hudson, lumineuse, joue l'épouse réconfortante et malicieuse et trouve là son meilleur rôle depuis « Almost Famous ». Grâce à une complicité évidente, les deux comédiens forment un couple délicieux et charmant, à la fois authentique et attendrissant. Les jeunes acteurs qui les accompagnent n'ont aucun mal à leur tenir tête et font preuve d'une fraîcheur et d'une énergie réjouissantes. Ensemble, ils forment une famille dysfonctionnelle à la « Little Miss Sunshine », bouillonnante de vitalité. Enfin, on notera la performance toute en retenue de Mandy Patinkin (Inigo Montoya de « Princess Bride », c'est lui!) dans le rôle du patriarche aigri, qui dissimule la vraie nature de ses sentiments derrière un regard sévère et réprobateur.

 

 

A mi chemin entre le nihilisme du cinéma de Woody Allen et les farces potaches de Judd Apatow, « Le rôle de ma vie » est une chronique intelligente, et à la mise en scène soignée, sur les relations parents-enfants et la découverte de soi. Une fois de plus, Zach Braff surprend par la sincérité de son propos et la justesse de son écriture. On sort du film plein d'espoir, la tête dans les étoiles, et avec l'envie de fonder une famille.

 

Note : ***/****

01:37 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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