Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/09/2014

The Raid 2 : Berandal

 

raid2-poster.jpg

 

Rama (Iko Uwais, le fils spirituel de Jet Li et Tony Jaa) le jeune héros survivant du premier film, poursuit malgré lui sa croisade contre les forces de police corrompues et doit pour cela gagner la confiance d'un baron de la pègre en jouant les agents infiltrés.

En 2012, « The Raid » sortait sur les écrans. « L'un des meilleurs films d'action de ces dix dernières années », criait la presse. Et elle avait raison (voir ma critique du film: http://moncoincine.hautetfort.com/archive/2012/05/18/the-raid.html).« The Raid 2 » en est la suite directe et débute alors que le premier se termine. Pour autant, Gareth Evans, réalisateur également responsable du premier chapitre, ne pourrait aborder le film avec une approche plus différente. Alors que « The Raid » mettait en scène des personnages à la psychologie réduite à peau de chagrin, dans un huis clos électrisant et l'atmosphère claustrophobe d'un John Carpenter, « The Raid 2 » se montre au grand jour, en pleine rue, et laisse le temps à ses personnages de respirer.

C'est qu'avec une durée de 2h30, Evans voit les choses en grand. Autant dans la mise en scène que dans la narration, le film s'émancipe rapidement de ses origines modestes de film d'action primaire. Cette fois, « The Raid 2 » nous renvoie à Martin Scorsese et Takeshi Kitano, les maîtres du polar mafieux et des films de vengeance ultra-violents – sans oublier quelques envolées lyriques à la Park Chan Wook (« Old Boy »). Des influences évidentes, mais que Evans utilise à bon escient sans tomber dans le plagiat. Par exemple, si on retrouve bien les archétypes du film de yakuza, comme le jeune loup aux dents longues, ou le patriarche respectueux des traditions, Evans se fait plaisir en introduisant des personnages inédits, tel qu'une tueuse aux marteaux tout droit sortie d'un manga. Bien entendu, si Iko Uwais reste le héros du film, Evans le laisse étonnamment en retrait pendant la première partie pour laisser la place aux autres acteurs de s'exprimer. Et grand bien lui fasse car non seulement les comédiens sont tous superbes, mais ils incarnent des personnages souvent surprenant de charisme. Evans parvient même à nous faire ressentir une certaine empathie pour les méchants, c'est pour dire.

A ce stade, on peut voir que « The Raid 2 » regorge de qualités. Et on n'a même pas abordé la baston... Alors, on pourrait craindre qu'après le choc viscéral du premier, cette suite sente un peu le réchauffé. Que nenni ! Même sans l'effet de surprise du premier volet, « The Raid 2 » nous scotche à l'écran en nous offrant des affrontements d'une férocité et d'une brutalité rarement atteintes au cinéma. Quand leurs têtes n'éclatent pas sous les balles comme des fruits trop mûrs, Iko et ses potes démontrent une fois de plus leur maîtrise fulgurante du silat (ou "l'art de vous déboîter la mâchoire, avant de vous tordre le bras avec un pied de table, et de vous fracasser le crâne contre une rambarde d'escalier"), sublimés par des plans virtuoses qui nous font ressentir tout l'impact des coups portés, et des effets sonores de chair déchirée à vous faire remonter votre déjeuner. Les os se brisent, le sang gicle et les corps meurtris s'écrasent sur le sol comme de vulgaire poupées désarticulées. Ici, quand on se bat, on ne démonte pas le mobilier. On vous démonte avec le mobilier.

De même, croire qu'en 2h30 cet enchaînement de violence pourrait finir par lasser, est sans compter sur le talent du cinéaste pour constamment se renouveler et se réinventer. Les baffes se suivent et ne se ressemblent pas, et les environnements se diversifient suffisamment pour éviter tout semblant de monotonie. On assiste entre autre à une mêlée géante dans l'univers carcéral, où les détenus s'envoient tant bien que mal des coups de matraque en même temps qu'il trébuchent dans la boue, à une course poursuite en voiture qui finit avec le chauffeur qui traverse le pare-brise, ou encore à un duel à mort dans une cuisine immaculée - avant que les murs soient repeints à l'hémoglobine.



Que le film soit meilleur que son prédécesseur, ça dépendra si l'on préfère le côté primal et instinctif du premier, à l'élégance racée et le scénario plus tortueux du second. Mais ce qui est certain, c'est qu'avec sa déferlante de scènes d''action qui vous laissent avec une euphorie béate et ses personnages hauts en couleurs (qui ne sont pas sacrifiés sur l'autel de la violence gratuite, notez bien), « The Raid 2 » confirme la place de Gareth Evans parmi les meilleurs cinéastes de cette génération. A recommander à tous les amateurs du genre.



Note ****/****

 



10:32 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.