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14/09/2014

Darkman

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Jeune et brillant généticien, Peyton Westlake effectue desrecherches sur la peau synthétique. Il est fiancé avec Julie Hastings, une avocate qui vient de découvrir un document compromettant pour le promoteur immobilier Louis Strack Jr. Afin de le récupérer, les hommes de main de Strack font irruption dans le labo de Peyton..

 

Saviez vous qu'avant la trilogie de Spiderman, Sam Raimi s'était déjà attaqué au film de super héros avec "Darkman" ? Le film est sorti en salles en 1990, soit juste entre "Evil Dead 2" et "l'Armée des Ténèbres". De fait, ce n'est pas une coïncidence si la mise en scène est aussi foutraque. On est chez du Raimi d'époque pur jus : multiplication des plans serrés, caméra en roue libre, montage frénétique, images surréalistes en sur-impression (la même technique utilisée plus tard dans Spiderman) et j'en passe. Le cinéaste met le paquet dans l'imagerie pure et expérimentale, comme si une BD prenait vie sous nos yeux, ce qui donne au film une énergie bouillonnante. On en prend aussi plein les oreilles avec une musique épique aux faux airs de "Batman" (1989) signée Danny Elfman, le compositeur attitré de Tim Burton et également futur responsable de la BO de Spiderman.

Contrairement aux aventures de l'homme araignée, en revanche, "Darkman" peut étonner par sa noirceur. Hormis certaines scènes un peu puériles ( les deux méchants dans le portique d'entrée : qui est le vrai, qui est le faux?), qui lorgnent un peu trop du côté cartoon live assumé de « Mort sur le Gril » et dénaturent l'aspect dramatique de l'intrigue, le film reste plongé dans une atmosphère sombre et inquiétante. Sans pousser jusqu'à l'extrême d'un Verhoeven, « Darkman » renvoie parfois à "Robocop" dans la représentation brute de la violence (autant physique que psychologique) à l'écran. Dans la même veine, les maquillages de chair avariée en putréfaction n'auraient pas dépareillés chez Cronenberg. L'humour fait lui aussi dans le second degré macabre et nous réserve quelques perles bien pensées (le « have a nice flight! » et la scène de l'éléphant rose...).

Dans le rôle titre, Liam Neeson impressionne par sa seule présence, dans une interprétation torturée digne des grands monstres de la Hammer Il tient à la fois de la créature morbide et désolée de Frankenstein, que du savant fou incompris de "l'Homme Invisible". Son visage d'ange pouvant, d'un instant à l'autre, refléter la chaleur humaine la plus délicate, comme le pire sadisme. Tour à tour John Merrick (Elephant Man) meurtri, et Fantôme de l'Opéra vengeur et sans merci, il maîtrise parfaitement la dualité de son personnage.

Mais que serait un film de super héros sans scènes d'action spectaculaires? Là aussi, « Darkman » épate et aligne les morceaux de bravoure. A elle seule, la poursuite endiablée sur l'autoroute, où un méchant essaie d'abattre Peyton à coups de lance grenade depuis un hélicoptère, vaut son pesant de cacahuètes. On notera également une séquence mémorable où le héros sème la zizanie en changeant de visage pour tromper ses assaillants. A ce propos, la fameuse scène de « Mission Impossible 2 » où l'on croit que Tom Cruise s'est fait abattre alors qu'il s'agit en réalité d'un méchant avec un masque a été entièrement pompée sur ce film. Hommage ou plagiat, il fallait que ce soit dit. Rendons à César ce qui lui appartient, non mais.

 

 

On pourra reprocher à « Darkman » une action parfois brouillonne et des effets spéciaux vieillissants. Une broutille en comparaison du plaisir que le film procure. On sent que Raimi s'est beaucoup amusé à faire une œuvre aussi spectaculaire que personnelle, et Liam Neeson trouve là un de ses rôles les plus charismatiques et les plus originaux de sa carrière. Enfin, pour les fans d'Evil Dead, un petit caméo bienvenu ne manquera pas de vous faire sourire.

 

 

Note *** / ****

14:33 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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