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29/04/2015

The Guest

 

 

guest, wingard, thriller

 David est un soldat qui se présente à la famille Peterson. Il prétend être un ami de leurs fils, décédé au combat.

 


 

 

 

Il y a des films qui attirent mon attention par leur sujet, par le nom du réalisateur, des comédiens à l'affiche, ou encore par une bande annonce qui me met en appétit. Et puis il y a ceux, comme The Guest, dont un simple bouche à oreille plutôt positif titille ma curiosité. Je me suis donc lancé dans le visionnage du film sans la moindre info au préalable au sujet de l'histoire. Et je vous conseille de faire de même, pour mieux apprécier toutes ses qualités.

Au départ, on suit l'arrivée de David dans la petite famille et on observe comment il s'intègre peu à peu dans leur quotidien. David apparaît comme un homme charmant et bien intentionné. Toujours là pour rendre service, il devient à la fois le grand frère protecteur, et le confident des parents. Et surtout, baraqué comme il est, toutes les nanas sont à pieds. Mais le bonhomme est trop lisse pour être honnête. Et très vite, on se rend compte qu'en gagnant la confiance des occupants de la maison, il s'arrange en même temps pour s'immiscer dans leur vie privée et régler les problèmes de chacun à sa manière très personnelle. En n'hésitant jamais à avoir recours à la violence et au chantage.

Avec ce parfait inconnu qui bouleverse la vie d'une famille, le film démarre comme un remake aseptisé de Visitor Q, du japonais Takashi Miike. Mais The Guest cache bien son jeu. C'est au moment où l'on pense avoir deviné où il veut nous amener que The Guest nous fait le coup du virage à 180°, pour partir dans une toute nouvelle direction. Et je m'arrêterai là pour vous laisser le plaisir de la découverte.

The Guest est le nouveau film écrit et réalisé par le cinéaste Adam Wingard et le scénariste Simon Barret, à qui on doit aussi You're Next, un film d'horreur ultraviolent et controversé. D'un côté on a les fans qui considèrent le film comme un défouloir gore, bourré d'humour noir, et qui évite les clichés. Et de l'autre, on a ceux qui regrettent qu'après un début en fanfare, le metteur en scène se laissait lentement glisser sur la pente de la dérision. C'est un peu la même histoire dans The Guest. D'une part, les deux compères font de leur mieux avec un budget minimaliste, pour nous tenir en haleine, à l'aide d'un script imprévisible, et des dialogues percutants. On appréciera d'ailleurs le suspense à couper au couteau, surtout du à la bande son angoissante au synthé, qui rappelle le meilleur de John Carpenter. Le film échappe donc aux conventions en jouant sur les codes du cinéma de genre, avec une atmosphère délicieusement old school et baroque, qui rend hommage à la fois à la mise en scène de James Cameron, Dario Argento, et de Brian de Palma. Mais d'autre part, il ne se prend jamais très au sérieux, ce qui crée parfois des ruptures de tons assez fâcheuses et aussi maladroites.

Le casting est également particulièrement réussi. La plupart des comédiens essentiellement connus pour leur travail dans des séries télé, s'en sortent tous avec les honneurs. Mention spéciale bien sûr à Dan Stevens dans le rôle titre, qui parvient à la fois à paraître rassurant et effrayant, avec un regard de braise et un éternel sourire malicieux au coin des lèvres. Avec son look de bad boy blond suave, au corps huileux, qui peut passer d'un doux regard protecteur à une effrayante explosion de violence en quelques secondes, il tient à la fois de Ryan Gosling dans Drive, et de Rutger Hauer dans « The Hitcher ».

 

Faute à un rythme en dents de scie, The Guest est loin d'être le chef d'oeuvre annoncé par certains. Mais cela ne l'empêche pas d'être un thriller mordant et séduisant, qui vous surprendra par son scénario déroutant, et la performance fascinante de Dan Stevens, qui risque de vous hanter pour un moment. C'est vraiment un film qui se la joue quitte ou double au niveau de l'ambiance. Soit vous allez aimer et en redemander, soit vous allez tout faire pour vous faire rembourser. A vous de voir.

 

Note : **/****

 

Au passage, Wingard et Barret vont apparemment adapter « J'ai rencontré le diable » de Kim Jee Woon, l'un des meilleurs polars coréens de ces dernières années. Avis aux amateurs de cinéma transgressif et de sensations fortes. Je vous incite fortement à découvrir l'original, avant que la machine hollywoodienne ne nous sorte un de ces pauvres remakes formatés et stériles dont elle a le secret. 

08:23 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guest, wingard, thriller

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