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13/05/2015

Asterix: Le Domaine des Dieux

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Jules César décide de faire bâtir un domaine résidentiel luxueux juste à côté du village d'Asterix. Envahis par les touristes romains, les gaulois n'auront pas d'autre choix que de s'adapter ou de disparaître...

 

 


 

Avé, tout le monde! Je sais pas vous, mais moi, après avoir goûté à la potion magique servie par Alain Chabat, j'ai eu du mal à me remettre de la soupe tiédasse des deux derniers films. Depuis, je ne savais pas ce que je devais craindre le plus: une nouvelle adaptation d'Asterix au cinéma, ou que le ciel me tombe sur la tête. Mais quand j'ai appris que c'est le dialoguiste virtuose Alexandre Astier, qui s'est occupé de l'écriture, je me suis dis qu'avec une telle pointure aux commandes, on pouvait tenir là le digne successeur de Mission Cléopatre... Mais en fait non.

Commençons déjà par les bons côtés. Le Domaine des Dieux est le premier dessin animé d'Astérix en images de synthèse. On est bien loin d'une qualité Dreamworks et Pixar, mais bon c'est joli, avec des personnages rondouillets, et des couleurs chatoyantes. Et puis c'est quand même un film d'animation qui vient de chez nous, par Toutatis! Au niveau du doublage, on prend bien sûr plaisir à retrouver Roger Carel, qui prête sa voix à Asterix depuis sa toute première apparition à l'écran. Et c'est avec un pincement au coeur qu'on apprend qu'il va enfin prendre sa retraite après toutes ses années de bons et loyaux services. Dans l'ensemble, le reste du casting fait un boulot correct. Surtout Alexandre Astier et Alain Chabat. Bon, la nouvelle voix d'Obelix, elle passe mal, mais c'est pas si dérangeant. Par contre Eli Semoun, là je dis non! J'ai rien contre Eli Semoun mais ce mec il a une voix stridente quand il s'y met, c'est juste pas possible. Qu'il incarne Assurancetourix, ça, ça aurait été une excellente idée de casting. Mais là, soldat random parmi les autres, il est juste dans le film, parce que c'est Semoun et qu'il a toujours une carrière de comique populaire.

Le film est une adaptation plutôt fidèle à l'intrigue de la BD. Du moins, durant la première demie heure. Et sans crier gare, on nous rajoute un personnage qui n'apparaissait pas dans le bouquin. Et un gosse, en plus! Après ça, la suite, je l'ai vu arriver gros comme un menhir. On comprend vite que le public visé n'est pas les fans de la première heure, mais les enfants, qui n'ont probablement jamais lu la BD d'origine. On se retrouve alors avec des situations qui n'ont rien à voir avec la BD, et le scénario se met à patiner sévère. Attention, me faites pas dire ce que j'ai pas dit. En soi, le fait qu'un auteur prenne des libertés par rapport à l'oeuvre qu'il adapte, ne me dérange absolument pas, pourvu que le résultat reste dans l'esprit de l'original. D'ailleurs pour moi le meilleur film d'Asterix c'est clairement celui de Chabat, qui est à fond dans le détournement. Et le meilleur dessin animé, c'est les 12 travaux. Qui n'est même pas l'adaptation d'une BD déjà existante.

Le problème ici c'est que, de peur que les petiots commencent à trouver le temps long, le film fait tout pour capter leur attention. Ca gueule tout le temps, et ça se tape dessus pour un rien. Ce qui compte, c'est le gag pour le gag, avec une chute toutes les 10 secondes, au détriment d'une bonne histoire. Du coup, tout va trop vite et le film ne prend jamais le temps de développer ses personnages. Avec en prime Asterix et Obelix relégués au rang de faire-valoir entre deux bagarres au sujet d'un poisson pas frais. Comme c'est Astier qui s'est occupé de l'écriture. j'espérais au moins me fendre la poire avec des dialogues savoureux, dignes de Michel Audiard et de De Funes. Malheureusement ici, il y va mollo dans le vocabulaire irrévérencieux et imagé, qui fait tout le charme de Kaamelott, pour ne pas perturber les tout petits. Et c'est là qu'est l'os, hélas, comme dirait l'autre. On reconnait à peine sa verve iconoclaste au milieu de répliques fadasses et de références à deux sesterces, à peine amusantes. Et pour les adultes, pas grand chose à se mettre sous la dent, à moins d'apprécier les blagues de mauvais goût sur les grèves, le tourisme de masse, et le capitalisme sauvage. Avec toutes ces allusions au fric et au travail, à l'heure où le chômage bat des records, et où le trou de la Sécu s'apprête à dépasser celui de la couche d'ozone, on rigole peut être... mais on grince surtout des dents.

 

Au final, Le Domaine des Dieux, c'est un peu comme la mosaïque géante présente dans le film. C'est du beau boulot quand on regarde de loin. Mais plus on s'approche pour apprécier les détails, moins ça ressemble à quelque chose de consistant. Et vu que personne n'a pensé à consolider les bases, il suffit d'un rien pour que tout s'écroule. Grosse déception donc. Surtout avec tous les talents qui ont participé au film, et une première demi heure qui laissait présager mieux. Au moins, si le film permet de donner envie à une nouvelle génération de lire la BD d'origine, alors ce Domaine des Dieux n'aura pas été construit en vain.

 

 

Note: */****

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