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22/05/2015

Avengers: l'Ere d'Ultron

 

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Des super-héros vont devoir unir à nouveau leurs forces pour combattre Ultron, un être technologique qui veut éradiquer l'espèce humaine. 

 

Lien pour la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=bKnV6ZXmTcc

 

Un jour, je sais plus qui, a dit: et si on faisait un film sur les Avengers? Quand j'ai entendu ça, j'ai cru à une bonne blague. Je connais pas grand chose aux comics, mais faire un film sur les Avengers ça voudrait dire rassembler un paquet de héros Marvel dans un seul et même film. Non mais vous vous rendez compte un peu du temps et du pognon que ça devrait coûter? Il faudrait d'abord mettre en scène au moins un film pour chaque héros de Marvel impliqué dans l'affaire, rien que pour les présenter au public. Ce qui veut dire: Primo, écrire des histoires uniques pour chaque personnage, mais qui puissent aussi s'imbriquer dans le même univers. Deuxio, trouver des acteurs qui acceptent de les incarner durant facile une bonne décennie. Euh, tertio trimo, il faudrait s'assurer que chacun de ces films soit un succès commercial, pour que les producteurs ne lâchent pas l'affaire en route. Et enfin, il faudrait parvenir à trouver un cinéaste qui serait à la fois suffisamment talentueux pour mener à bien le projet final, mais qui aurait aussi les épaules assez solides pour supporter la pression et les attentes des fans. A l'époque, c'était complètement inconcevable...

En tout cas, il y a bien une personne qui y croyait, lui. Cet homme, c'est Joss Whedon! Joss, qui? Mais si vous savez bien, l'adaptation de Shakespeare en noir et blanc, le scénario d'Alien 4, ça vous dit bien quelque chose. Non? Allez, je déconne. Whedon c'est le créateur des séries télé cultes Buffy et Firefly. Ben voilà, vous voyez bien que vous le connaissez le type... Donc, on est maintenant au printemps 2012, et les Avengers s'assemblent pour la première fois devant les yeux pleins d'étoiles de millions de fans. Le film est un carton planétaire et Whedon est maintenant sur tous les radars. Parce que bon il a peut être accompli un miracle mais pas de repos pour les braves, le monde n'a désormais plus qu'un mot aux lèvres : la suite! Et là, l'enjeu est de taille. Whedon est-il suffisamment intègre pour se mettre à bosser sur une suite digne de ce nom, ou va t'il se reposer sur ses lauriers et compter les billets, en traitant tous ses fans comme de simples vaches à lait?

Après une attente interminable, l'Ere d'Ultron est enfin arrivée. Premier constant rapide. On retrouve tous les ingrédients qui font le charme du premier volet. Les scènes d'action démesurées en mettent une fois de plus plein la vue, les effets spéciaux pètent la classe, les personnages débordent de charisme, et les dialogues sont toujours aussi fins, avec de la punchline qui claque. Tous nos héros favoris sont de retour, certains seconds rôles de l'univers Marvel font aussi un petit coucou en passant, et le film prend même le temps d'introduire de nouveaux personnages dans la foulée. Loki était pressenti pour faire une apparition mais il est malheureusement aux abonnés absents. Peut être pour la version Blu Ray/DVD qui paraît-il est largement plus longue que la version cinéma. Du moins, on peut toujours espérer... Tout ce petit monde aura fort à faire pour stopper les plans diaboliques du nouveau méchant de service, Ultron, et son armée de robots. A première vue, Ultron a tout de la machine de guerre brutale qui parle peu mais cogne fort, mais très rapidement on se rend compte qu'il porte bien son nom d'intelligence artificielle, avec sa gestuelle fluide, et ses piques d'humour bourrées de sarcasme. Un méchant comme on les aime.

Comme toujours, Whedon joue les chefs d'orchestre accomplis pour que le film reste avant tout un véritable travail d'équipe, où chacun donne son meilleur, sachant que tout le monde aura droit a son quart d'heure de gloire au moment propice. Bien sûr, avec autant de héros qui se partagent l'affiche, certains n'ont qu'une présence limitée à l'écran et on aimerait passer plus de temps en leur compagnie. Mais c'est moins un défaut du film qu'une preuve de la qualité de leur interprétation. Car le casting est un sans faute, avec des vétérans parfaitement à l'aise dans leur costume, et des petits nouveaux qui se taillent sans peine la part du lion. Et on appréciera de voir que Hawkeye (ou Oeil de Faucon chez nous), qui était un peu laissé de côté dans le premier opus, prend ici une place grandissante au sein du groupe.

Dans l'ensemble, on navigue en terrain connu et on pourra même reprocher un scénario assez maigre. Mais la vraie différence entre Avengers et l'Ere d'Ultron, c'est le temps que l'on passe avec chaque personnage. Comme le public était déjà censé avoir suivi leurs aventures en solo, le premier Avengers ne perdait pas vraiment son temps pour présenter les héros du film avant de se lancer dans la baston. Au contraire ici, l'Ere d'Ultron est particulièrement bavard. Les relations évoluent, des amitiés se créent et se défont. Cette fois, Whedon explore la part d'ombre des personnages en creusant davantage dans leur passé mystérieux. Bref, pour un blockbuster des familles rempli de bons sentiments, le film est loin d'être avare en moments dramatiques et émouvants. Et c'est la touche Whedon, que de ne jamais perdre de vue le côté humain de ses super-héros.

Plus sombre et plus bavard que le premier volet, L'Ere d'Ultron n'en reste pas moins une suite de qualité qui n'a rien à envier à son modèle. Avec cette ribambelle de films de super héros qui envahissent les écrans ces dernières années, on pourrait craindre l'overdose. Mais tant que Marvel continuera à nous présenter des divertissements de cette qualité, alors on ne peut qu'en redemander. Joss Whedon, c'est mon super-héros à moi.

 

Note: ***/****

 

 

13/05/2015

Asterix: Le Domaine des Dieux

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Jules César décide de faire bâtir un domaine résidentiel luxueux juste à côté du village d'Asterix. Envahis par les touristes romains, les gaulois n'auront pas d'autre choix que de s'adapter ou de disparaître...

 

 


 

Avé, tout le monde! Je sais pas vous, mais moi, après avoir goûté à la potion magique servie par Alain Chabat, j'ai eu du mal à me remettre de la soupe tiédasse des deux derniers films. Depuis, je ne savais pas ce que je devais craindre le plus: une nouvelle adaptation d'Asterix au cinéma, ou que le ciel me tombe sur la tête. Mais quand j'ai appris que c'est le dialoguiste virtuose Alexandre Astier, qui s'est occupé de l'écriture, je me suis dis qu'avec une telle pointure aux commandes, on pouvait tenir là le digne successeur de Mission Cléopatre... Mais en fait non.

Commençons déjà par les bons côtés. Le Domaine des Dieux est le premier dessin animé d'Astérix en images de synthèse. On est bien loin d'une qualité Dreamworks et Pixar, mais bon c'est joli, avec des personnages rondouillets, et des couleurs chatoyantes. Et puis c'est quand même un film d'animation qui vient de chez nous, par Toutatis! Au niveau du doublage, on prend bien sûr plaisir à retrouver Roger Carel, qui prête sa voix à Asterix depuis sa toute première apparition à l'écran. Et c'est avec un pincement au coeur qu'on apprend qu'il va enfin prendre sa retraite après toutes ses années de bons et loyaux services. Dans l'ensemble, le reste du casting fait un boulot correct. Surtout Alexandre Astier et Alain Chabat. Bon, la nouvelle voix d'Obelix, elle passe mal, mais c'est pas si dérangeant. Par contre Eli Semoun, là je dis non! J'ai rien contre Eli Semoun mais ce mec il a une voix stridente quand il s'y met, c'est juste pas possible. Qu'il incarne Assurancetourix, ça, ça aurait été une excellente idée de casting. Mais là, soldat random parmi les autres, il est juste dans le film, parce que c'est Semoun et qu'il a toujours une carrière de comique populaire.

Le film est une adaptation plutôt fidèle à l'intrigue de la BD. Du moins, durant la première demie heure. Et sans crier gare, on nous rajoute un personnage qui n'apparaissait pas dans le bouquin. Et un gosse, en plus! Après ça, la suite, je l'ai vu arriver gros comme un menhir. On comprend vite que le public visé n'est pas les fans de la première heure, mais les enfants, qui n'ont probablement jamais lu la BD d'origine. On se retrouve alors avec des situations qui n'ont rien à voir avec la BD, et le scénario se met à patiner sévère. Attention, me faites pas dire ce que j'ai pas dit. En soi, le fait qu'un auteur prenne des libertés par rapport à l'oeuvre qu'il adapte, ne me dérange absolument pas, pourvu que le résultat reste dans l'esprit de l'original. D'ailleurs pour moi le meilleur film d'Asterix c'est clairement celui de Chabat, qui est à fond dans le détournement. Et le meilleur dessin animé, c'est les 12 travaux. Qui n'est même pas l'adaptation d'une BD déjà existante.

Le problème ici c'est que, de peur que les petiots commencent à trouver le temps long, le film fait tout pour capter leur attention. Ca gueule tout le temps, et ça se tape dessus pour un rien. Ce qui compte, c'est le gag pour le gag, avec une chute toutes les 10 secondes, au détriment d'une bonne histoire. Du coup, tout va trop vite et le film ne prend jamais le temps de développer ses personnages. Avec en prime Asterix et Obelix relégués au rang de faire-valoir entre deux bagarres au sujet d'un poisson pas frais. Comme c'est Astier qui s'est occupé de l'écriture. j'espérais au moins me fendre la poire avec des dialogues savoureux, dignes de Michel Audiard et de De Funes. Malheureusement ici, il y va mollo dans le vocabulaire irrévérencieux et imagé, qui fait tout le charme de Kaamelott, pour ne pas perturber les tout petits. Et c'est là qu'est l'os, hélas, comme dirait l'autre. On reconnait à peine sa verve iconoclaste au milieu de répliques fadasses et de références à deux sesterces, à peine amusantes. Et pour les adultes, pas grand chose à se mettre sous la dent, à moins d'apprécier les blagues de mauvais goût sur les grèves, le tourisme de masse, et le capitalisme sauvage. Avec toutes ces allusions au fric et au travail, à l'heure où le chômage bat des records, et où le trou de la Sécu s'apprête à dépasser celui de la couche d'ozone, on rigole peut être... mais on grince surtout des dents.

 

Au final, Le Domaine des Dieux, c'est un peu comme la mosaïque géante présente dans le film. C'est du beau boulot quand on regarde de loin. Mais plus on s'approche pour apprécier les détails, moins ça ressemble à quelque chose de consistant. Et vu que personne n'a pensé à consolider les bases, il suffit d'un rien pour que tout s'écroule. Grosse déception donc. Surtout avec tous les talents qui ont participé au film, et une première demi heure qui laissait présager mieux. Au moins, si le film permet de donner envie à une nouvelle génération de lire la BD d'origine, alors ce Domaine des Dieux n'aura pas été construit en vain.

 

 

Note: */****

08/05/2015

Holy Motors

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Une journée en compagnie de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie...

 

 


 

Holy Motors, c'est une comédie à propos d'un homme d'affaire qui se déguise en mendiant pour faire la manche. Non c'est pas ça. Holy Motors, c'est un drame sur un criminel chargé d'assassiner son jumeau. Non plus. Holy Motors, c'est un film fantastique où une créature difforme hante les cimetières. Non, non, non! Holy Motors, c'est l'histoire d'un type qui habite avec des chimpanzés. Rhaa, non c'est pas ça non plus...

 

Le problème quand on parle de Holy Motors, c'est qu'on ne sait pas trop par où commencer. En gros, Holy Motors raconte l'histoire d'un certain Monsieur Oscar, une sorte d'acteur, qui passe l'essentiel de son temps à l'arrière de sa limousine de luxe, qu'il a transformé en véritable loge d'artiste, avec miroirs, perruques diverses, et autres accessoires de maquillage. Son boulot consiste se rendre d'un rendez-vous à un autre tout au long de la journée, pour incarner différentes personnes. Il sillonne ainsi les rues de Paris, en jonglant entre différentes identités. Mais Qui est ce Monsieur Oscar? D'où vient-il? Quel est le but de ses activités? Et surtout, où sont les caméras? On n'en saura pas vraiment davantage. Tout comme chez David Lynch, qui est clairement une influence évidente, le film pose beaucoup de questions, mais c'est au spectateur de trouver ses propres réponses.

D'ailleurs, Holy Motors est moins construit comme un film à part entière, mais plutôt comme une série de sketchs, cousus ensembles par une même trame narrative. A travers sa structure éclatée et les thèmes récurrent du costume et du masque que l'on enfile, le film devient alors une allégorie sur la renaissance et la métamorphose, où chacun joue à la fois son propre rôle, et peut aussi changer de « vie » plusieurs fois au cours d'une même journée. Avec sa mise en scène minimaliste, et une idée de départ aussi conceptuelle et théorique, un cinéaste mal appliqué aurait pu transformer Holy Motors en film intello à deux balles, insupportablement prétentieux et vain. Fort heureusement, c'est loin d'être le cas. En évitant le risque de nous perdre dans les méandres de son script existentialiste, le réalisateur et scénariste Leos Carax impose au film une clarté éblouissante, souvent à mi-chemin entre le kitsch et le grotesque, qui ne donne jamais l'impression d'être laissés sur le bord de la route. Au contraire, il nous invite gaiement à entrer dans son univers absurde et faussement mélancolique, pour mieux profiter de cette expérience complètement déconcertante, mais surtout délicieusement ludique.

Holy Motors est avant tout une ode à la magie du grand écran, de la part d'un cinéaste illuminé, qui s'affranchit de toute limite. Tout comme son protagoniste, le film se renouvelle constamment. Chaque rendez-vous de Monsieur Oscar donne lieu à une scène qui emprunte ses codes à un genre cinématographique différent. On passe brusquement du drame social, à la comédie musicale, en faisant un petit tour du côté du cinéma d'horreur, et de la science fiction. Et on se laisse alors rapidement envoûter par une mise en scène complètement folle, qui multiplie les hommages au cinéma d'antan, en associant le surréalisme baroque de Luis Bunuel, au macabre raffiné de Georges Franju, et à la poésie fragile de Jean Cocteau.

Mais le film ne serait qu'un écrin vide, sans le jeu hallucinant de Monsieur Oscar lui même, l'acteur fétiche de Carax, le comédien Denis Lavant. En véritable Chaplin des temps modernes, ce caméléon de l'écran réussit le prodige de s'effacer totalement derrière tous ses personnages (dont le grand retour de Monsieur Merde pour les connaisseurs), malgré le fait que nous puissions l'observer se maquiller dans sa loge avant chaque représentation. Son entière performance est une lettre d'amour au métier de comédien, et on aurait pu rêver pour lui d'une statuette en récompense de son talent – tout comme Jean Dujardin avec The Artist, l'année précédente. Mais il ne recevra hélas qu'une ridicule nomination aux Césars.

 

 

A l'heure où la plupart des cinéastes français se force à rentrer dans le rang, en proposant des œuvres calibrées pour un public formaté et bien pensant, on a de plus en plus besoin de metteurs en scène, anarchiques et courageux comme Gaspard Noé et Leos Carax, pour donner un grand coup de pied dans la fourmilière et secouer un peu les cocotiers. Carax déboule cette fois, avec un ovni décoiffant, une oeuvre expérimentale, à la beauté formelle sidérante, et au charme mystérieux, qui ne cesse de nous questionner sur notre propre rôle de spectateur. « La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde », il paraît. Dans ce cas, Holy Motors est un message d'espoir pour le cinéma français d'aujourd'hui. Nous avons tous le pouvoir de choisir ce que nous mettons devant nos yeux, alors cessons de nous contenter de ces comédies populaires bas de plafond et de ces mélos soporifiques et niais qui envahissent l'Hexagone, et n'ayons pas peur de demander des oeuvres de qualités, qui peuvent encore nous émerveiller et nous surprendre, et ce jusqu'à la dernière image. Des oeuvres... comme Holy Motors.

 

Note: ****/****