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11/06/2015

Mad Max: Fury Road

 

 

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Max est capturé et fait prisonnier dans la Citadelle, dirigée par Immortan Joe. C'est alors qu'il se retrouve embarqué dans une course poursuite explosive.

 

30 ans après la fin de la première trilogie, Mad Max passe enfin la 4ème. Et c'est une fois de plus le cinéaste George Miller qui tient le volant. Déjà, la question se pose : faut-il avoir vu les premiers Mad Max pour apprécier celui là? La réponse est non. Fury Road n'est ni une suite directe des précédents volets, ni même un remake du premier film. C'est plutôt un reboot qui décide de repartir sur de nouvelles bases, et tout ce qu'il faut pour comprendre le personnage sera raconté sous forme de flash back. Pour l'instant, le film a reçu d'excellentes critiques aussi bien au niveau de la presse, que du public. Alors est-il véritablement à la hauteur de ces louanges, ou surfe t'il simplement sur la vague des suites et remakes des grandes sagas des années 80/90, pour mieux nous titiller la fibre nostalgique? C'est ce que nous allons voir.

Commençons par ce qui semble mettre tout le monde d'accord. Oui, Fury Road est une méchante claque dans la gueule. Tout comme Mad Max 2, le film se résume avant tout à une course poursuite effrénée, avec Max qui doit protéger la cargaison d'un camion d'un point A à un point B. C'est surtout un prétexte pour enchaîner les scènes d'action dantesques, qui surprennent autant par leur démesure que par leur inventivité féroce. Miller impose un style virtuose, complètement déjanté avec travellings aériens, zooms extrêmes, et panoramas grandioses, pour donner aux images un souffle épique qui vous colle dans votre siège. Mais surtout, il a insisté pour que les cascades soient effectuées en direct lors du tournage, et non pas reproduites en numérique, en post prod. Ce qui créé des affrontements d'un réalisme saisissant, à la violence viscérale, et à l'impact immédiat.

Ce qui force l'admiration aussi, c'est son extraordinaire sens du détail. L'univers post apocalyptique dépeint dans le film est incroyablement bien pensé. Les survivants ont établis différents clans et différentes factions, avec leurs propres règles et leurs propres lois.Les véhicules sont tous uniques, avec un design adapté à leur fonction. Les corps sont mutilés et difformes. On a vraiment l'impression que les personnages évoluent dans un monde dévasté, et souffrent tous du manque de ressources et des effets de la radioactivité. Ce qui renforce encore plus l'immersion. En un sens, le film me rappelle beaucoup le jeu Rage de Id Software, aussi bien au niveau des paysages désertiques désolés, de l'apparence des ennemis, et des courses poursuites endiablées. Mais Miller parsème le film de trouvailles géniales, qui lui donnent ce grain de folie et qui le rend si attachant, comme ce guitariste complètement allumé, perché en haut d'un camion, qui fait cracher des flammes à sa guitare. Du pur concentré d'esthétique pulp, qui ravira les fans de heavy metal.

Au niveau du casting, Mel Gibson, a laissé sa place à Tom Hardy, à la fois connu pour ses rôles de héros d'action bourrins, à la carrure imposante (Inception, Warrior), et qui peut aussi se glisser dans la peau de psychopathes dangereux (Bronson, The Dark Knight Rises). C'est un choix judicieux. Vu que Max est un loup solitaire, peu bavard, il fallait quelqu'un qui ait avant tout une présence physique à l'écran pour lui donner un minimum de charisme. Mais je pense que Hardy a aussi été pris pour son penchant à porter des masques en forme de muselière... A ses côtés, on retrouve Nicholas Hoult, qui continue à interpréter des personnages un peu dingues, mais pour qui on s'attache. Et surtout, Charlize Theron, qui incarne Imperator Furiosa, une amazone du wasteland, prête à se battre farouchement pour gagner sa liberté. Theron est une actrice remarquable. C'est l'une des plus belles femmes de la planète, mais elle n'hésite jamais à s'enlaidir et à se métamorphoser pour un rôle qui va à l'encontre des codes traditionnels de la féminité.

Et on arrive sur un point qu'il est important d'aborder. Fury Road est peut être un film d'action bourrin, qui déborde de testostérone, mais ironiquement, la majorité des protagonistes sont des femmes. Et pas justes des demoiselles en détresse que le héros va se charger de sauver des griffes des gros méchants. Non, ici les femmes ont autant de pouvoir d'action, et font preuve d'autant de sang-froid que les hommes. Furiosa, n'a peut être qu'un bras, mais elle peut porter à elle seule le film sur ses épaules. Elle pourrait même avoir son nom en gros sur l'affiche, tant sa présence est mise en avant. En fait comparé à elle, on pourra même être étonné de voir à quel point Max est souvent en retrait dans son propre film.

Mais si Max joue si souvent les second couteaux, c'est parce que Fury Road est avant tout construit à travers ses personnages et son atmosphère, moins qu'à travers son scénario, qui tient sur un bout de serviette. C'est presque un mythe ou une légende en fait, où chaque personnage représente un archétype différent. D'ailleurs, c'est pas un hasard si tous les personnages importants ont des noms qui se rapprochent du latin. Par exemple, le méchant s'appelle Immortan Joe, et il se prend un peu pour un dieu qui règne sur ses sujets d'une main de fer, Imperator Furiosa, c'est la colère d'un peuple qui décide de se rebeller contre un gouvernement tyrannique. Le jeune Hoult, c'est Nux: la noix, « le fruit » – la descendance. Ou peut être que ça veut juste dire qu'il est barge -en anglais, nut (noix) ça veut dire fou. Et puis il y a Max. C'est le seul dont le nom n'a pas vraiment de signification. D'un côté Max, ça vient de 'Maximus », le plus grand, le héros. Mais c'est surtout juste son prénom. Et dans le film, Max est avant tout un étranger, un observateur. Bien sûr, il a ses moments de gloire. Mais avec le recul, Max ne fait que passer. Le vrai personnage principal, c'est bien celui joué par Charlize Théron.

Toujours dans le symbolisme, on notera que Fury Road a une dimension philosophique particulièrement bien étudiée. Avec son portrait honnête des War Boys, formatés depuis leur plus jeune âge en tant que kamikazes prêts à mourir en martyrs pour gagner leur ticket pour la vie éternelle, le film montre comment, entre de mauvaises mains, la religion est une arme dangereuse qui peut pervertir les esprits, ce qui m'a rappelé Conan le Barbare de John Milius, sorti presque en même temps que Mad Max 2. Justement, le film pose souvent le problème de ce que l'on va laisser aux générations futures. Pour un monde meilleur, il nous met alors en garde contre le fanatisme religieux, et prône à la fois le partage équitable des richesses, et l'égalité des sexes. Donc, que l'on adhère ou pas à ses valeurs, il faut admette que pour un film d'action très premier degré, il possède un second niveau de lecture sacrément chargé politiquement. Et c'est tout à son honneur d'être bien plus qu'un simple divertissement bas de plafond.

Mad Max: Fury Road est loin d'être une sortie opportuniste. C'est un film d'action affiné aux petits oignons par un George Miller au top de sa forme. Grace à son style visuel contemporain nerveux et à son pied de nez aux effets spéciaux numériques, il nous offre des scènes d'action furieuses et ultra-jouissives, à la fois old school, et résolument modernes. Enfin, il dépoussière les codes du genre, en évitant les clichés sur le rôle de la femme dans le cinéma d'action, et pose de nombreuses questions sur la façon dont les gouvernements exploitent les peuples. J'aurais bien voulu que les personnages soient davantage développés, mais un grand spectacle aussi libéré et aussi progressiste, on n'en croise pas tous les jours. Que vous soyez un fan de la première heure, ou que vous découvriez juste la franchise, Mad Max: Fury Road est un pur concentré d'adrénaline, explosif, et chaotique, qui vous explose les rétines et vous scotche à l'écran. Attachez vos ceintures, ça décoiffe !

Note : ***/****

 

Pour finir, j'aimerais ajouter que si le film vous plaît, je ne saurais que trop vous conseiller « Doomsday », de Neil Marshall, une série B très sympa, qui fait aussi dans l'ambiance post apo, avec une héroine qui envoie du lourd, des courses poursuites spectaculaires, et un univers visuel directement inspiré des premiers Mad Max. Et surtout, j'aimerais vous faire découvrir cette petite merveille qu'est le manga Gunnm de Yukito Kishiro. C'est une oeuvre incontournable du cyberpunk et du post apo, avec une héroine à la fois forte et fragile en quête de rédemption, tout comme Furiosa dans Mad Max. Ca fait un moment que James Cameron est censé porter la BD à l'écran, mais toujours rien de concret jusqu'à présent. En tout cas, si un de ces quatre, il décide de passer le flambeau, George Miller serait un remplaçant idéal.

 

lien pour la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=kOGK1AhbWw4

 

 

 

 

 

 

 

 

11:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mad max, fury road, film, critique

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