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21/06/2015

Pirates des Caraïbes 4: La Fontaine de Jouvence

 

 

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Jack Sparrow et Barbossa sont à la recherche de la légendaire fontaine de jouvance, pourtant Barbe-Noire et sa fille sont aussi à la traque.

 

 

4 ans après la fin de la première trilogie, le vieux briscard repart pour une nouvelle chasse au trésor. Cette fois, comme l'indique le titre, il part à la recherche de la fontaine de Jouvence. C'est jamais facile d'être le numéro 4 dans une série. Déjà, techniquement, l'histoire de la saga est bouclée. Donc, il faut trouver une bonne raison pour que les personnages reprennent du service, sans que ça sente le réchauffé. Et en plus, vu qu'ici le film arrive longtemps après les autres, les studios prennent non seulement le risque de ne pas retrouver le charme des premiers volets, mais en plus ils peuvent tout aussi bien se mettre à dos les fans de la première heure, s'ils se plantent. Alors, est ce que cette fontaine de jouvence permet à notre bon vieux Jack de profiter d'une seconde jeunesse, ou est ce que les pirates des caraïbes, c'est désormais de l'histoire ancienne? C'est ce qu'on va voir.

En fait on se rend vite compte que le film souffle constamment le chaud et le froid. Commençons par le casting. Johnny Depp et Geoffrey Rush font un retour en grande forme, et même s'ils cabotinent parfois un peu trop, on voit qu'ils sont ravis d'être là, et leur énergie et leur enthousiasme sont communicatifs. Par contre, Keira Knightley et Orlando Bloom sont aux abonnés absents; il y en a forcément qui seront déçus. Du côté des nouveaux, Ian McShane crève l'écran dans la peau du terrible barbe noire. Un méchant à la fois terrifiant et loufoque, dans la lignée des premiers Pirates. Mais au lieu de lui donner plus de temps à l'écran, le film préfère multiplier des personnages secondaires dont on se fiche royalement. Enfin, Penelope Cruz interprète Angelica, une latino piquante, aussi fourbe et mutine que Jack. Et elle en fait des tonnes, ce qui l'a rend vite pénible. Je suis sûr que quelqu'un comme Zoé Saldana, qui a déjà fait une apparition dans la série, aurait approché le rôle avec plus de conviction et de subtilité.

Du côté de l'écriture, c'est pareil. Pour un pas en avant, on fait aussitôt un pas en arrière. Les scénaristes ont beau être ceux de la première trilogie, l'intrigue manque terriblement d'enjeux et de rebondissements, les répliques savoureuses se comptent sur les doigts de la main, et surtout, pour un film d'aventure à grand spectacle qui dure plus de 2h, on n'aura pas grand chose à se mettre sous la dent. Hormis une attaque de sirènes particulièrement intense, les combats à l'épée et les scènes de poursuites en général, sont plombées par une mise en scène sans grande originalité. C'est d'ailleurs dommage, parce que niveau action, le film affiche clairement du potentiel. Par exemple, à un moment, Barbe Noire utilise deux lance flammes gigantesques pour cramer un marin sur une barque. C'est effrayant, visuellement ça claque, et on a hâte de le voir se servir de cette arme démoniaque contre d'autres navires. Mais, ca n'arrive jamais. Et si je me rappelle bien, il n'y a même carrément aucune bataille navale, tu parles d'une déception...

Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que le réalisateur de la première trilogie, c'était Gore Verbinski, qui s'est fait connaître avec le remake du film d'horreur Ring, et la comédie déjantée La Souris. Il a fait ses preuves, aussi bien dans le suspense haletant, que dans la violence grotesque, à la mode Tex Avery. Il a un style visuel, à la fois sérieux et extravagant, qui collait parfaitement à l'ambiance épique, mais loufoque des premiers Pirates. Au contraire, cette fois c'est Rob Marshall qui tient la barre. Lui, son truc c'est les drames larmoyants, et les comédies musicales. Avec lui, l'histoire est racontée avant tout à travers la musique et les dialogues. Plus qu'à travers l'image. Du coup, ce nouveau pirates est souvent très plat, et déçoit par son manque d'envergure et de panache. Marshall pense qu'il suffit de balancer du Hans Zimmer à fond dans les oreilles durant les scènes d'action pour leur donner plus de pêche. Et ben non, ça ne suffit pas. Ça, ça s'appelle tomber dans la facilité et prouver qu'on est à court d'idées...

Pour résumer, si vous aimez la saga, vous serez avant tout ravis de retrouver Jack Sparrow et Barbossa. Ian McShane est un méchant très réussi. Et certaines séquences valent le coup d'œil. Mais avec son rythme poussif et un scénario qui tourne en rond, le film navigue en eaux troubles et traîne la patte comme un vieux pirate avec une jambe de bois. C'est un divertissement bon enfant qui se laisse regarder et qui s'oublie aussitôt après. Malgré tout, le film a été un énorme succès au box office, et un 5ème est déjà en préparation. Je sais pas ce que ça va donner, mais en attendant, la relation houleuse entre Sparrow et Angelica m'a beaucoup rappelé Sinbad La Légende des 7 Mers, un excellent divertissement familial, plein de magie, d'aventures, et bourré de second degré, dans la veine du premier Pirates, que je vous recommande amplement.

 Note : */****

 

lien pour la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ddo83Z_I4jQ

 

11/06/2015

Mad Max: Fury Road

 

 

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Max est capturé et fait prisonnier dans la Citadelle, dirigée par Immortan Joe. C'est alors qu'il se retrouve embarqué dans une course poursuite explosive.

 

30 ans après la fin de la première trilogie, Mad Max passe enfin la 4ème. Et c'est une fois de plus le cinéaste George Miller qui tient le volant. Déjà, la question se pose : faut-il avoir vu les premiers Mad Max pour apprécier celui là? La réponse est non. Fury Road n'est ni une suite directe des précédents volets, ni même un remake du premier film. C'est plutôt un reboot qui décide de repartir sur de nouvelles bases, et tout ce qu'il faut pour comprendre le personnage sera raconté sous forme de flash back. Pour l'instant, le film a reçu d'excellentes critiques aussi bien au niveau de la presse, que du public. Alors est-il véritablement à la hauteur de ces louanges, ou surfe t'il simplement sur la vague des suites et remakes des grandes sagas des années 80/90, pour mieux nous titiller la fibre nostalgique? C'est ce que nous allons voir.

Commençons par ce qui semble mettre tout le monde d'accord. Oui, Fury Road est une méchante claque dans la gueule. Tout comme Mad Max 2, le film se résume avant tout à une course poursuite effrénée, avec Max qui doit protéger la cargaison d'un camion d'un point A à un point B. C'est surtout un prétexte pour enchaîner les scènes d'action dantesques, qui surprennent autant par leur démesure que par leur inventivité féroce. Miller impose un style virtuose, complètement déjanté avec travellings aériens, zooms extrêmes, et panoramas grandioses, pour donner aux images un souffle épique qui vous colle dans votre siège. Mais surtout, il a insisté pour que les cascades soient effectuées en direct lors du tournage, et non pas reproduites en numérique, en post prod. Ce qui créé des affrontements d'un réalisme saisissant, à la violence viscérale, et à l'impact immédiat.

Ce qui force l'admiration aussi, c'est son extraordinaire sens du détail. L'univers post apocalyptique dépeint dans le film est incroyablement bien pensé. Les survivants ont établis différents clans et différentes factions, avec leurs propres règles et leurs propres lois.Les véhicules sont tous uniques, avec un design adapté à leur fonction. Les corps sont mutilés et difformes. On a vraiment l'impression que les personnages évoluent dans un monde dévasté, et souffrent tous du manque de ressources et des effets de la radioactivité. Ce qui renforce encore plus l'immersion. En un sens, le film me rappelle beaucoup le jeu Rage de Id Software, aussi bien au niveau des paysages désertiques désolés, de l'apparence des ennemis, et des courses poursuites endiablées. Mais Miller parsème le film de trouvailles géniales, qui lui donnent ce grain de folie et qui le rend si attachant, comme ce guitariste complètement allumé, perché en haut d'un camion, qui fait cracher des flammes à sa guitare. Du pur concentré d'esthétique pulp, qui ravira les fans de heavy metal.

Au niveau du casting, Mel Gibson, a laissé sa place à Tom Hardy, à la fois connu pour ses rôles de héros d'action bourrins, à la carrure imposante (Inception, Warrior), et qui peut aussi se glisser dans la peau de psychopathes dangereux (Bronson, The Dark Knight Rises). C'est un choix judicieux. Vu que Max est un loup solitaire, peu bavard, il fallait quelqu'un qui ait avant tout une présence physique à l'écran pour lui donner un minimum de charisme. Mais je pense que Hardy a aussi été pris pour son penchant à porter des masques en forme de muselière... A ses côtés, on retrouve Nicholas Hoult, qui continue à interpréter des personnages un peu dingues, mais pour qui on s'attache. Et surtout, Charlize Theron, qui incarne Imperator Furiosa, une amazone du wasteland, prête à se battre farouchement pour gagner sa liberté. Theron est une actrice remarquable. C'est l'une des plus belles femmes de la planète, mais elle n'hésite jamais à s'enlaidir et à se métamorphoser pour un rôle qui va à l'encontre des codes traditionnels de la féminité.

Et on arrive sur un point qu'il est important d'aborder. Fury Road est peut être un film d'action bourrin, qui déborde de testostérone, mais ironiquement, la majorité des protagonistes sont des femmes. Et pas justes des demoiselles en détresse que le héros va se charger de sauver des griffes des gros méchants. Non, ici les femmes ont autant de pouvoir d'action, et font preuve d'autant de sang-froid que les hommes. Furiosa, n'a peut être qu'un bras, mais elle peut porter à elle seule le film sur ses épaules. Elle pourrait même avoir son nom en gros sur l'affiche, tant sa présence est mise en avant. En fait comparé à elle, on pourra même être étonné de voir à quel point Max est souvent en retrait dans son propre film.

Mais si Max joue si souvent les second couteaux, c'est parce que Fury Road est avant tout construit à travers ses personnages et son atmosphère, moins qu'à travers son scénario, qui tient sur un bout de serviette. C'est presque un mythe ou une légende en fait, où chaque personnage représente un archétype différent. D'ailleurs, c'est pas un hasard si tous les personnages importants ont des noms qui se rapprochent du latin. Par exemple, le méchant s'appelle Immortan Joe, et il se prend un peu pour un dieu qui règne sur ses sujets d'une main de fer, Imperator Furiosa, c'est la colère d'un peuple qui décide de se rebeller contre un gouvernement tyrannique. Le jeune Hoult, c'est Nux: la noix, « le fruit » – la descendance. Ou peut être que ça veut juste dire qu'il est barge -en anglais, nut (noix) ça veut dire fou. Et puis il y a Max. C'est le seul dont le nom n'a pas vraiment de signification. D'un côté Max, ça vient de 'Maximus », le plus grand, le héros. Mais c'est surtout juste son prénom. Et dans le film, Max est avant tout un étranger, un observateur. Bien sûr, il a ses moments de gloire. Mais avec le recul, Max ne fait que passer. Le vrai personnage principal, c'est bien celui joué par Charlize Théron.

Toujours dans le symbolisme, on notera que Fury Road a une dimension philosophique particulièrement bien étudiée. Avec son portrait honnête des War Boys, formatés depuis leur plus jeune âge en tant que kamikazes prêts à mourir en martyrs pour gagner leur ticket pour la vie éternelle, le film montre comment, entre de mauvaises mains, la religion est une arme dangereuse qui peut pervertir les esprits, ce qui m'a rappelé Conan le Barbare de John Milius, sorti presque en même temps que Mad Max 2. Justement, le film pose souvent le problème de ce que l'on va laisser aux générations futures. Pour un monde meilleur, il nous met alors en garde contre le fanatisme religieux, et prône à la fois le partage équitable des richesses, et l'égalité des sexes. Donc, que l'on adhère ou pas à ses valeurs, il faut admette que pour un film d'action très premier degré, il possède un second niveau de lecture sacrément chargé politiquement. Et c'est tout à son honneur d'être bien plus qu'un simple divertissement bas de plafond.

Mad Max: Fury Road est loin d'être une sortie opportuniste. C'est un film d'action affiné aux petits oignons par un George Miller au top de sa forme. Grace à son style visuel contemporain nerveux et à son pied de nez aux effets spéciaux numériques, il nous offre des scènes d'action furieuses et ultra-jouissives, à la fois old school, et résolument modernes. Enfin, il dépoussière les codes du genre, en évitant les clichés sur le rôle de la femme dans le cinéma d'action, et pose de nombreuses questions sur la façon dont les gouvernements exploitent les peuples. J'aurais bien voulu que les personnages soient davantage développés, mais un grand spectacle aussi libéré et aussi progressiste, on n'en croise pas tous les jours. Que vous soyez un fan de la première heure, ou que vous découvriez juste la franchise, Mad Max: Fury Road est un pur concentré d'adrénaline, explosif, et chaotique, qui vous explose les rétines et vous scotche à l'écran. Attachez vos ceintures, ça décoiffe !

Note : ***/****

 

Pour finir, j'aimerais ajouter que si le film vous plaît, je ne saurais que trop vous conseiller « Doomsday », de Neil Marshall, une série B très sympa, qui fait aussi dans l'ambiance post apo, avec une héroine qui envoie du lourd, des courses poursuites spectaculaires, et un univers visuel directement inspiré des premiers Mad Max. Et surtout, j'aimerais vous faire découvrir cette petite merveille qu'est le manga Gunnm de Yukito Kishiro. C'est une oeuvre incontournable du cyberpunk et du post apo, avec une héroine à la fois forte et fragile en quête de rédemption, tout comme Furiosa dans Mad Max. Ca fait un moment que James Cameron est censé porter la BD à l'écran, mais toujours rien de concret jusqu'à présent. En tout cas, si un de ces quatre, il décide de passer le flambeau, George Miller serait un remplaçant idéal.

 

lien pour la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=kOGK1AhbWw4

 

 

 

 

 

 

 

 

11:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mad max, fury road, film, critique